La morte degli amanti

LA MORT DES AMANTS

Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d’étranges fleurs sur des étagères,
Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.

Usant à l’envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux coeurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d’adieux ;

Et plus tard un Ange, entr’ouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.

§

Avremo letti pieni di profumi leggeri,
divani profondi come tombe,
e sulle mensole fiori strani,
dischiusi per noi sotto cieli più belli.

A gara bruciando gli estremi ardori,
saranno i nostri cuori due grandi fiaccole,
specchianti le loro doppie luci
nei nostri spiriti, specchi gemelli.

Una sera fatta di rosa e di mistico azzurro,
ci scambieremo un unico bagliore,
come un lungo singhiozzo, grave d’addii;

e un Angelo più tardi, schiudendo le porte,
lieto e fedele verrà a ravvivare
gli specchi offuscati e le fiamme morte.

CHARLES BAUDELAIRE

Il vino degli amanti

LE VIN DES AMANTS

Aujourd’hui l’espace est splendide!
Sans mors, sans éperons, sans bride,
Partons à cheval sur le vin
Pour un ciel féerique et divin!

Comme deux anges que torture
Une implacable calenture,
Dans le bleu cristal du matin
Suivons le mirage lointain!

Mollement balancés sur l’aile
Du tourbillon intelligent,
Dans un délire parallèle,

Ma sœur, côte à côte nageant,
Nous fuirons sans repos ni trêves
Vers le paradis de mes rêves!

 §

Oggi lo spazio è splendido! Senza morsi né speroni o briglie,

via, sul vino, a cavallo verso un cielo divino e incantato!

Come due angeli che tortura un rovello implacabile oh,

nel cristallo azzurro del mattino, seguire il lontano meriggio!

Mollemente cullati sull’ala del turbine cerebrale, in un

delirio parallelo,

sorella, nuotando affiancati, fuggire senza riposi né tregue

verso il paradiso dei miei sogni.

CHARLES BAUDELAIRE

L’orologio

Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible,
dont le doigt menace et nous dit: Souviens-toi!
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d’effroi
se planteront bientôt comme dans une cible;

ainsi qu’une sylphide au fond de la coulisse;
chaque instant te dévore un morceau du délice
à chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
chuchote: Souviens-toi! – Rapide, avec sa voix
d’insecte, Maintenant dit: le suis Autrefois,
et fai pompé ta vie avec ma trompe immonde!

Remember! Souveniens-toi! prodigue! Esto memor!
(Mon gosier de métal parte toutes les langues).
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or!

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
qui gagne sans tricher, à tout coup! c’est la loi.
Le jour décrôit; la nuit augmente; souviens-toi!
Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l’heure où le divin Hasard,
où l’auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
où le Repentir même (oh! la dernière auberge!),
où tout te dira: Meurs, vieux lâche! il est trop tard!

§

L’orologio, il dio sinistro, spaventoso e impassibile,
ci minaccia col dito e dice: Ricordati!
I Dolori vibranti si pianteranno nel tuo cuore
pieno di sgomento come in un bersaglio;

il Piacere vaporoso fuggirà nell’orizzonte
come silfide in fondo al retroscena;
ogni istante ti divora un pezzo di letizia
concessa ad ogni uomo per tutta la sua vita.

Tremilaseicento volte l’ora, il Secondo
mormora: Ricordati! – Rapido con voce
da insetto, l’Adesso dice: Sono l’Allora
e ho succhiato la tua vita con l’immondo succhiatoio!

Prodigo! Ricordati! Remember! Esto memor!
(La mia gola di metallo parla tutte le lingue).
I minuti, mortale pazzerello, sono ganghe
da non farsi sfuggire senza estrarne oro!

Ricordati che il tempo è giocatore avido:
guadagna senza barare, ad ogni colpo! È legge.
Il giorno declina, la notte cresce; ricordati!
L’abisso ha sempre sete; la clessidra si vuota.

Presto suonerà l’ora in cui il divino Caso,
l’augusta Virtù, la tua sposa ancora vergine,
lo stesso Pentimento (oh, l’ultima locanda!),
ti diranno: Muori, vecchio vile! È troppo tardi!

CHARLES BAUDELAIRE

Inno alla bellezza

HYMNE À LA BEAUTÉ

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l’abîme,

O Beauté? ton regard, infernal et divin,

Verse confusément le bienfait et le crime,

Et l’on peut pour cela te comparer au vin.

Tu contiens dans ton oeil le couchant et l’aurore;

Tu répands des parfums comme un soir orageux;

Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore

Qui font le héros lâche et l’enfant courageux.

Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres?

Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien;

Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,

Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.

Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques;

De tes bijoux l’Horreur n’est pas le moins charmant,

Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,

Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.

L’éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,

Crépite, flambe et dit: Bénissons ce flambeau!

L’amoureux pantelant incliné sur sa belle

A l’air d’un moribond caressant son tombeau.

Que tu viennes du ciel ou de l’enfer, qu’importe,

Ô Beauté! monstre énorme, effrayant, ingénu!

Si ton oeil, ton souris, ton pied, m’ouvrent la porte

D’un Infini que j’aime et n’ai jamais connu?

De Satan ou de Dieu, qu’importe? Ange ou Sirène,

Qu’importe, si tu rends, — fée aux yeux de velours,

Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine! —

L’univers moins hideux et les instants moins lourds?

 §

Vieni dal ciel profondo o l’abisso t’esprime,

Bellezza? Dal tuo sguardo infernale e divino

piovono senza scelta il beneficio e il crimine,

e in questo ti si può apparentare al vino.

Hai dentro gli occhi l’alba e l’occaso, ed esali

profumi come a sera un nembo repentino;

sono un filtro i tuoi baci, e la tua bocca è un calice

che disanima il prode e rincuora il bambino.

Sorgi dal nero baratro o discendi dagli astri?

Segue il Destino, docile come un cane, i tuoi panni;

tu semini a casaccio le fortune e i disastri;

e governi su tutto, e di nulla t’affanni.

Bellezza, tu cammini sui morti che deridi;

leggiadro fra i tuoi vezzi spicca l’Orrore, mentre,

pendulo fra i più cari ciondoli, l’Omicidio

ti ballonzola allegro sull’orgoglioso ventre.

Torcia, vola al tuo lume la falena accecata,

crepita, arde e loda il fuoco onde soccombe!

Quando si china e spasima l’amante sull’amata,

pare un morente che carezzi la sua tomba.

Venga tu dall’inferno o dal cielo, che importa,

Bellezza, mostro immane, mostro candido e fosco,

se il tuo piede, il tuo sguardo, il tuo riso la porta

m’aprono a un Infinito che amo e non conosco?

Arcangelo o Sirena, da Satana o da Dio,

che importa, se tu, o fata dagli occhi di velluto,

luce, profumo, musica, unico bene mio,

rendi più dolce il mondo, meno triste il minuto?

CHARLES BAUDELAIRE

L’albatro

L’ALBATROS

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage

prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

qui suivent, indolents compagnons de voyage,

le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,

que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,

laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!

Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid!

L’un agace son bec avec un brûle-gueule,

L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait!

Le Poëte est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l’archer;

exilé sur le sol au milieu des huées,

ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

§

Spesso, per divertirsi, le ciurme
Catturano degli albatri, grandi uccelli marini,
che seguono, compagni di viaggio pigri,
il veliero che scivola sugli amari abissi.
E li hanno appena deposti sul ponte,
che questi re dell’azzurro, impotenti e vergognosi,
abbandonano malinconicamente le grandi ali candide
come remi ai loro fianchi.
Questo alato viaggiatore, com’è goffo e leggero!
Lui, poco fa così bello, com’è comico e brutto!
Qualcuno gli stuzzica il becco con la pipa,
un altro scimmiotta, zoppicando, l’infermo che volava!
Il poeta è come il principe delle nuvole
Che abituato alla tempesta ride dell’arciere;
esiliato sulla terra fra gli scherni,
non riesce a camminare per le sue ali di gigante.

CHARLES BAUDELAIRE

Il vampiro

LE VAMPIRE

Toi qui, comme un coup de couteau,
Dans mon coeur plaintif es entrée;
Toi qui, forte comme un troupeau
De démons, vins, folle et parée,

De mon esprit humiliè
Faire ton lit et ton domaine;
- Infâme à qui je suis liè
Comme le forçat à la chaîne,

Comme au jeu le joueur têtu,
Comme à la bouteille l’ivrogne,
Comme aux vermines la charogne
- Maudite, maudite sois-tu!

J’ai priè le glaive rapide
De conquérir ma libertè,
Et j’ai dit au poison perfide
De secourir ma lâchetè.

Hélas! le poison et le glaive
M’ont pris en dédain et m’ont dit:
“Tu n’es pas digne qu’on t’enlève
À ton esclavage maudit,

Imbécile! – de son empire
Si nos efforts te délivraient,
Tes baisers ressusciteraient
Le cadavre de ton vampire!”

§

Tu, che come un colpo di coltello

nel mio cuore gemente sei entrata;

tu che, forte come un armento

di demoni, venisti, folle e ornata,

del mio spirito umiliato

a fare il tuo letto e il tuo regno;

 

- infame, a cui sono attaccato

come il forzato alla catena,

come al gioco il giocatore accanito,

come l’ubriaco alla bottiglia,

come ai vermi la carogna infetta,

- Maledetta, che tu sia maledetta!

Ho pregato la spada rapida

di conquistare la mia libertà,

ho chiesto pure al veleno perfido

di soccorrere la mia viltà.

 

Ahimè! sia il veleno che la spada

m’hanno sdegnato e m’hanno detto:

“Tu non sei degno di essere sottratto

alla tua maledetta schiavitù,

imbecille! Anche se fossimo capaci

di liberarti dal suo dominio,

risusciterebbero i tuoi baci

il cadavere del tuo vampiro!”

 

CHARLES BAUDELAIRE

La musica

LA MUSIQUE

La musique souvent me prend comme une mer!
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile;

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile;

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Sur l’immense gouffre
Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir!

§

Spesso è un mare, la musica, che mi prende ogni senso!
A un bianco astro fedele,
sotto un tetto di brume o nell’etere immenso,
io disciolgo le vele.

Gonfi come una tela i polmoni di vento,
varco su creste d’onde,
e col petto in avanti sui vortici m’avvento
che il buio mi nasconde.

D’un veliero in travaglio la passione mi vibra
in ogni intima fibra;
danzo col vento amico o col pazzo ciclone
sull’infinito gorgo.

Altre volte bonaccia, grande specchio ove scorgo
la mia disperazione!

CHARLES BAUDELAIRE

Spleen

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l’Espérance, comme une chauve-souris,
S’en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D’une vaste prison imite les barreaux,
Et qu’un peuple muet d’infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrément.

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l’Espoir,
Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

§

Quando il cielo basso e greve pesa come un coperchio
Sullo spirito che geme in preda a lunghi affanni,
E versa abbracciando l’intero giro dell’orizzonte
Una luce diurna più triste della notte;

Quando la terra è trasformata in umida prigione,
Dove come un pipistrello la Speranza
Batte contro i muri con la sua timida ala
Picchiando la testa sui soffitti marcescenti;

Quando la pioggia distendendo le sue immense strisce
Imita le sbarre di un grande carcere
Ed un popolo muto di infami ragni
Tende le sue reti in fondo ai nostri cervelli,

Improvvisamente delle campane sbattono con furia
E lanciano verso il cielo un urlo orrendo
Simili a spiriti vaganti senza patria
Che si mettono a gemere ostinati

E lunghi trasporti funebri senza tamburi, senza bande
Sfilano lentamente nella mia anima vinta; la Speranza
Piange e l’atroce angoscia dispotica
Pianta sul mio cranio chinato il suo nero vessillo

CHARLES BAUDELAIRE

Tristezze della luna

TRISTESSES DE LA LUNE

Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse;
Ainsi qu’une beauté, sur de nombreux coussins,
Qui d’une main distraite et légère caresse
Avant de s’endormir le contour de ses seins,

Sur le dos satiné des molles avalanches,
Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,
Et promène ses yeux sur les visions blanches
Qui montent dans l’azur comme des floraisons.

Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
Elle laisse filer une larme furtive,
Un poète pieux, ennemi du sommeil,

Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
Aux reflets irisés comme un fragment d’opale,
Et la met dans son coeur loin des yeux du soleil.

§

La luna sogna stasera, con più pigra mollezza,

come una bella che su pile di cuscini,

con mano distratta e leggera accarezza,

prima d’addormentarsi la curva dei suoi seni

sulla serica groppa di morbide valanghe

s’abbandona sfinita ad un lungo deliquio

mentre lo sguardo le va sulle visioni bianche

come fioriture salienti nel turchino

quando, su questo globo, nel suo languore ozioso,

lascia a volte in segreto scivolare una lacrima

un poeta pietoso, nemico del sonno,

raccoglie nel cavo della sua mano quella lacrima pallida,

iridata come un frammento d’opale,

e la ripone nel suo cuore, lontano dagli sguardi del sole

CHARLES BAUDELAIRE

Abele e Caino

ABEL ET CAÏN

Race d’Abel, dors, bois et mange;
Dieu te sourit complaisamment.

Race de Caïn, dans la fange
Rampe et meurs misérablement.

Race d’Abel, ton sacrifice
Flatte le nez du Séraphin!

Race de Caïn, ton supplice
Aura-t-il jamais une fin?

Race d’Abel, vois tes semailles
Et ton bétail venir à bien;

Race de Caïn, tes entrailles
Hurlent la faim comme un vieux chien.

Race d’Abel, chauffe ton ventre
A ton foyer patriarcal;

Race de Caïn, dans ton antre
Tremble de froid, pauvre chacal!

Race d’Abel, aime et pullule!
Ton or fait aussi des petits.

Race de Caïn, cœur qui brûle,
Prends garde à ces grands appétits.

Race d’Abel, tu croîs et broutes
Comme les punaises des bois!

Race de Caïn, sur les routes
Traîne ta famille aux abois.

Ah! race d’Abel, ta charogne
Engraissera le sol fumant!

Race de Caïn, ta besogne
N’est pas faite suffisamment;

Race d’Abel, voici ta honte:
Le fer est vaincu par l’épieu!

Race de Caïn, au ciel monte,
Et sur la terre jette Dieu!

§

Razza d’Abele, dormi, bevi e mangia;
Dio ti sorride compiacente.

Razza di Caino, striscia nel fango
e muori miseramente.

Razza d’Abele, il tuo sacrificio
sfiora il naso del Serafino!

Razza di Caino, il tuo supplizio
potrà aver mai una fine?

Razza d’Abele, guarda prosperare
le tue greggi e i tuoi raccolti;

Razza di Caino, le tue viscere
urlano la fame come un vecchio cane.

Razza d’Abele, riscalda il tuo ventre
al tuo fuoco patriarcale;

Razza di Caino, nel tuo antro
trema di freddo, povero sciacallo!

Razza d’Abele, ama e riproduciti!
anche il tuo oro genera prole.

Razza di Caino, cuore che brucia,
guardati dai grandi appetiti.

Razza d’Abele, tu cresci e ti nutri
come la cimice dei boschi!

Razza di Caino, la tua famiglia
trascini tra gli stenti.

Ah! razza d’Abele, la tua carogna
ingrasserà il suolo fumante!

Razza di Caino, la tua missione
non è ancora completa;

Razza d’Abele, ecco la tua onta:
la spada vinta dallo spiedo!

Razza di Caino, scala il cielo,
e scaglia Dio sulla terra!

CHARLES BAUDELAIRE

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