Stanco dell’ozio amaro

Canne

LAS DE L’AMER REPOS

Las de l’amer repos où ma paresse offense
Une gloire pour qui jadis j’ai fui l’enfance
Adorable des bois de roses sous l’azur
Naturel, et plus las sept fois du pacte dur
De creuser par veillée une fosse nouvelle
Dans le terrain avare et froid de ma cervelle,
Fossoyeur sans pitié pour la stérilité,
– Que dire à cette Aurore, ô Rêves, visité
Par les roses, quand, peur de ses roses livides,
Le vaste cimetière unira les trous vides ? –
Je veux délaisser l’Art vorace d’un pays
Cruel, et, souriant aux reproches vieillis
Que me font mes amis, le passé, le génie,
Et ma lampe qui sait pourtant mon agonie,
Imiter le Chinois au coeur limpide et fin
De qui l’extase pure est de peindre la fin
Sur ses tasses de neige à la lune ravie
D’une bizarre fleur qui parfume sa vie
Transparente, la fleur qu’il a sentie, enfant,
Au filigrane bleu de l’âme se greffant.
Et, la mort telle avec le seul rêve du sage,
Serein, je vais choisir un jeune paysage
Que je peindrais encor sur les tasses, distrait.
Une ligne d’azur mince et pâle serait
Un lac, parmi le ciel de porcelaine nue,
Un clair croissant perdu par une blanche nue
Trempe sa corne calme en la glace des eaux,
Non loin de trois grands cils d’émeraude, roseaux.

§

Stanco dell’ozio amaro dove pigrizia offende

Una gloria per cui un tempo fuggii l’adorabile
Infanzia dei boschi di rose sotto l’azzurro
Nativo, e del patto crudele ormai sette volte
Più stanco d’aprire vegliando una fossa nuova
Nel freddo e avaro terreno del mio cervello,
Spietato becchino della sterilità,
– Che mai dirò, o Sogni, che mai a quest’Aurora,
Visitato da rose, se, temendo i suoi fiori
Lividi, il cimitero unirà i cavi orrori? –
Voglio lasciare l’Arte vorace di un paese
Crudele, e, sorridendo ai vecchi volti offesi
Che mostrano gli amici, il genio ed il passato,
E il lume che la mia agonia ha vegliato,
Imitare il Cinese, anima chiara e fina,
La cui estasi pura è dipinger la cima
Sopra tazze di neve rapita dalla luna
D’un fiore strano che la sua vita profuma
Trasparente, d’un fiore che egli sentì fanciullo
Innestarsi al suo cuore prezioso, azzurro nulla.
E la morte così, solo sogno del saggio,
Sereno, sceglierò un giovane paesaggio
Che sulle tazze assente la mia mano pingerà.
Una linea d’azzurro fine e tenue sarà
Un lago dentro il cielo di nuda porcellana,
Per una bianca nube una luna lontana
Immerge il lieve corno nel gelo d’acque calme,
Presso tre grandi cigli di smeraldo, le canne.

STÉPHANE MALLARMÉ

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Published in: on marzo 22, 2016 at 07:29  Lascia un commento  

La tomba di Charles Baudelaire

LE TOMBEAU DE CHARLES BAUDELAIRE

Le temple enseveli divulgue par la bouche
Sépulcrale d’égout bavant boue et rubis
Abominablement quelque idole Anubis
Tout le museau flambé comme un aboi farouche

Ou que le gaz récent torde la mèche louche
Essuyeuse on le sait des opprobres subis
Il allume hagard un immortel pubis
Dont le vol selon le réverbère découche

Quel feuillage séché dans les cités sans soir
Votif pourra bénir comme elle se rasseoir
Contre le marbre vainement de Baudelaire

Au voile qui la ceint absente avec frissons
Celle son Ombre même un poison tutélaire
Toujours à respirer si nous en périssons.

§

Il tempio seppellito divulga dalla bocca
Sepolcrale di scolo bava fango e rubino
L’abominio di qualche idolo Anubí, rossa
Fiamma su tutto il muso come un urlo ferino

O che il recente gas torca losca la luce
Raccogliente si sa ogni subìto obbrobrio
Un immortale pube esso raccende truce
Il cui volo al riverbero muta dal letto proprio

Qual fronda inaridita in città senza sere
Benedire potrà com’ella rimanere
Inutilmente contro il marmo di Baudelaire

Al velo che la cinge assente abbrividendo
Quella sua Ombra stessa tutelare veleno
Sempre da respirare se d’esso periremo.

STÉPHANE MALLARMÉ

Published in: on novembre 10, 2015 at 06:36  Comments (1)  

Tristezza d’estate

TRISTESSE D’ÉTÉ

Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie,
En l’or de tes cheveux chauffe un bain langoureux
Et, consumant l’encens sur ta joue ennemie,
Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux.
De ce blanc Flamboiement l’immuable accalmie
T’a fait dire, attristée, ô mes baisers peureux,
« Nous ne serons jamais une seule momie
Sous l’antique désert et les palmiers heureux ! »
Mais ta chevelure est une rivière tiède,
Où noyer sans frissons l’âme qui nous obsède
Et trouver ce Néant que tu ne connais pas.
Je goûterai le fard pleuré par tes paupières,
Pour voir s’il sait donner au cœur que tu frappas
L’insensibilité de l’azur et des pierres.
 .
§
 .
Il sole, o lottatrice sulla sabbia assopita,
Nell’oro dei capelli un bagno languoroso
Ti scalda e ardendo incenso sulla gota nemica
Mescola con i pianti un incanto amoroso.
Quest’immobile calma e la fiamma del cielo
T’ha rattristata, o baci miei timorosi, e dici:
“Noi non saremo mai un sarcofago solo
Sotto il deserto antico e le palme felici!”
Ma la tua chioma fulva è un tiepido ruscello
Dove affondare fermi l’anima che ci assilla
E trovare quel Nulla che tu saper non puoi.
Io gusterò il belletto pianto dagli occhi tuoi:
Forse al cuor che colpisti esso donar saprà
Dell’azzurro e dei sassi l’insensibilità.
 .
STÉPHANE MALLARMÉ
Published in: on gennaio 7, 2015 at 07:29  Comments (3)  

Ventaglio

ÉVENTAIL

Avec comme pour langage
Rien qu’un battement aux cieux
Le futur vers se dégage
Du logis très précieux

Aile tout bas la courrière
Cet éventail si c’est lui
Le même par qui derrière
Toi quelque miroir a lui

Limpide (où va redescendre
Pourchassée en chaque grain
Un peu d’invisible cendre
Seule à me rendre chagrin)Toujours tel il apparaisse
Entre tes mains sans paresse.

§

Quasi usando per sua parola
Null’altro che un battito al cielo,
Il futuro verso s’invola
Dall’avorio che in sé lo cela.
Ala piano corra all’orecchio
Questo ventaglio se esso è
Quello per cui qualche specchio
Risplendette dietro di te
Chiaro (dove ritorna a scendere
Inseguita in ogni frammento
Un po’ d’invisibile cenere
Unica a rendermi lamento)
Ed appaia uguale domani
Tra quelle tue agili mani.

STÉPHANE MALLARMÉ
Published in: on settembre 12, 2014 at 06:57  Comments (2)  

Brindisi

SALUT

Rien, cette écume, vierge vers
A ne désigner que la coupe ;
Telle loin se noie une troupe
De sirènes mainte à l’envers.

Nous naviguons, ô mes divers
Amis, moi déjà sur la poupe
Vous l’avant fastueux qui coupe
Le flot de foudres et d’hivers ;

Une ivresse belle m’engage
Sans craindre même son tangage
De porter debout ce salut

Solitude, récif, étoile
A n’importe ce qui valut
Le blanc souci de notre toile.

§

Nulla, una schiuma, vergine verso

solo a indicare la coppa;

così al largo si tuffa una frotta

di sirene, taluna riversa.

Noi navighiamo, o miei diversi

amici, io di già sulla poppa

voi sulla prora fastosa che fende

il flutto di lampi e di inverni;

una bella ebbrezza mi spinge,

né temo il suo beccheggiare

in piedi a far questo brindisi:

solitudine, stella, scogliera

a tutto quello che valse

il bianco affanno della nostra vela.

STÉPHANE MALLARMÉ

Published in: on dicembre 23, 2013 at 07:10  Comments (4)  

Prosa dei folli

Balthus

PROSE DES FOUS

Elle dormait: son doigt tremblait, sans améthyste
Et nu, sous sa chemise:
après un soupir triste,
Il s’arrêta, levant au nombril la batiste.

Et
son ventre, sembla de la neige où serait,
Cependant qu’un rayon redore la
forêt,
Tombé le nid moussu d’un gai chardonneret.

§

Ella dormiva : il suo dito tremava, senza ametista
e nudo, sotto la sua camicia, dopo un sospiro triste
si fermò, alzando all’ombelico la batista.

E il suo ventre sembrò neve dove fosse,
mentre un raggio indora la foresta,
caduto il nido muschioso di un gaio cardellino.

STÉPHANE MALLARMÉ

Published in: on settembre 28, 2013 at 07:42  Comments (2)  

L’Azzurro

Azur

L’AZUR

De l’éternel Azur la sereine ironie
Accable, belle indolemment comme les fleurs,
Le poëte impuissant qui maudit son génie
A travers un désert stérile de Douleurs.

Fuyant, les yeux fermés, je le sens qui regarde
Avec l’intensité d’un remords atterrant,
Mon âme vide. Où fuir ? Et quelle nuit hagarde
Jeter, lambeaux, jeter sur ce mépris navrant ?

Brouillards, montez ! versez vos cendres monotones
Avec de longs haillons de brume dans les cieux
Que noiera le marais livide des automnes,
Et bâtissez un grand plafond silencieux !

Et toi, sors des étangs léthéens et ramasse
En t’en venant la vase et les pâles roseaux,
Cher Ennui, pour boucher d’une main jamais lasse
Les grands trous bleus que font méchamment les oiseaux.

Encor ! que sans répit les tristes cheminées
Fument, et que de suie une errante prison
Eteigne dans l’horreur de ses noires traînées
Le soleil se mourant jaunâtre à l’horizon !

– Le Ciel est mort. – Vers toi, j’accours ! Donne, ô matière,
L’oubli de l’Idéal cruel et du Péché
A ce martyr qui vient partager la litière
Où le bétail heureux des hommes est couché,

Car j’y veux, puisque enfin ma cervelle, vidée
Comme le pot de fard gisant au pied d’un mur,
N’a plus l’art d’attifer la sanglotante idée,
Lugubrement bâiller vers un trépas obscur…

En vain ! l’Azur triomphe, et je l’entends qui chante
Dans les cloches. Mon âme, il se fait voix pour plus
Nous faire peur avec sa victoire méchante,
Et du métal vivant sort en bleus angelus !

Il roule par la brume, ancien et traverse
Ta native agonie ainsi qu’un glaive sûr ;
Où fuir dans la révolte inutile et perverse ?
Je suis hanté. L’Azur ! l’Azur ! l’Azur ! l’Azur !

§

Del sempiterno azzurro la serena ironia
Perséguita, indolente e bella come i fiori,
Il poeta impotente di genio e di follia
Attraverso un deserto sterile di Dolori.

Fuggendo, gli occhi chiusi, io lo sento che scruta
Intensamente, come un rimorso atterrante,
L’anima vuota. Dove fuggire? E quale cupa
Notte gettare a brani sul suo spregio straziante?

Nebbie, salite! Ceneri e monotoni veli
Versate, ad annegare questi autunni fangosi,
Lunghi cenci di bruma per i lividi cieli
Ed alzate soffitti immensi e silenziosi!

E tu, esci dai morti stagni letei e porta
Con te la verde melma e i pallidi canneti,
Caro Tedio, per chiudere con una mano accorta
I grandi buchi azzurri degli uccelli crudeli.

Ed ancora! Che senza sosta i tristi camini
Fùmino, e di caligine una prigione errante
Estingua nell’orrore dei suoi neri confini
Il sole ormai morente giallastro all’orizzonte!

-Il cielo è morto. – A te, materia, accorro! Dammi
L’oblio dell’Ideale crudele e del Peccato:
Questo martire viene a divider lo strame
Dove il gregge degli uomini felice è coricato.

Io voglio, poiché infine il mio cervello, vuoto
Come il vaso d’unguento gettato lungo il muro,
Più non sa agghindare il pensiero stentato,
Lugubre sbadigliare verso un trapasso oscuro…

Invano! Ecco trionfa l’Azzurro nella gloria
Delle campane. Anima, ecco, voce diventa
Per più farci paura con malvagia vittoria,
Ed esce azzurro angelus dal metallo vivente!

Si espande tra la nebbia, antico ed attraversa
La tua agonia nativa, come un gladio sicuro:
Dove andare, in rivolta inutile e perversa?
Mia ossessione. Azzurro! Azzurro! Azzurro! Azzurro!

STÉPHANE MALLARMÉ

Published in: on giugno 8, 2013 at 07:49  Comments (1)  

Nel giardino

DANS LE JARDIN

La jeune dame qui marche sur la pelouse
Devant l’été paré de pommes et d’appas,
Quand des heures Midi comblé jette les douze,
Dans cette plénitude arrêtant ses beaux pas,

A dit un jour, tragique abandonnée – épouse –
A la Mort séduisant son Poëte : “Trépas !
Tu mens. Ô vain climat nul ! je me sais jalouse
Du faux Éden que, triste, il n’habitera pas.”

Voilà pourquoi les fleurs profondes de la terre
L’aiment avec silence et savoir et mystère,
Tandis que dans leur coeur songe le pur pollen :

Et lui, lorsque la brise, ivre de ces délices,
Suspend encore un nom qui ravit les calices,
A voix faible, parfois, appelle bas : Ellen !

§

La giovane donna che avanza sul prato
Innanzi all’estate adorna di pomi e di grazie,
Quando delle ore il pieno mezzodì scocca le dodici,
In quella pienezza fermando i bei passi,

Disse un giorno, tragica abbandonata, – sposa –
Alla morte che seduceva il suo Poeta: Trapasso!
Tu menti. O vano clima nullo! io mi so gelosa
Del falso Eden che, triste, egli non abiterà.

Ecco perché i fiori profondi della terra
L’amano con silenzio e scienza e mistero,
Mentre nel loro cuore sogna il puro polline:

Ed egli, quando la brezza, ebbra di delizie,
Sospende per un attimo un nome che i calici rapisce,
Con voce flebile, talvolta, chiama piano: Ellen!

STÉPHANE MALLARMÉ

Published in: on febbraio 6, 2013 at 07:25  Comments (4)  

Dono di versi

Finestra gelata

DON DU POÈME

Je t’apporte l’enfant d’une nuit d’Idumée !
Noire, à l’aile saignante et pâle, déplumée,
Par le verre brûlé d’aromates et d’or,
Par les carreaux glacés, hélas ! mornes encor
L’aurore se jeta sur la lampe angélique,
Palmes ! et quand elle a montré cette relique
A ce père essayant un sourire ennemi,
La solitude bleue et stérile a frémi.

Ô la berceuse, avec ta fille et l’innocence
De vos pieds froids, accueille une horrible naissance
Et ta voix rappelant viole et clavecin,
Avec le doigt fané presseras-tu le sein
Par qui coule en blancheur sibylline la femme
Pour des lèvres que l’air du vierge azur affame ?

§

Ti reco questo figlio d’una notte idumea!
Nera, spiumata, pallido sangue all’ala febea,
Pel vetro che d’aromi fiammeggianti si dora,
Per le finestre, ahimé ghiacciate e fosche ancora,
L’aurora si gettò sulla lampada angelica.
Palme! E quando mostrò essa quella reliquia
Al padre che nemico un sorriso tentò,
L’azzurra solitudine inutile tremò.
O tu che culli, con la bimba e l’innocenza
Dei vostri piedi freddi, accogli quest’orrenda
Nascita: ed evocando clavicembalo e viola,
Premerai tu col vizzo dito il seno che cola
La donna in sibillina bianchezza per la bocca
Dall’azzurro affamata, dall’alta aria non tocca?

STÉPHANE MALLARMÉ

Published in: on dicembre 23, 2012 at 07:33  Comments (2)  

Sospiro

SOUPIR

Mon âme vers ton front où rêve, ô calme soeur,
Un automne jonché de taches de rousseur,
Et vers le ciel errant de ton oeil angélique,
Monte, comme dans un jardin mélancolique,
Fidèle, un blanc jet d’eau soupire vers l’Azur!
– Vers l’Azur attendri d’octobre pâle et pur
Qui mire aux grands bassins sa langueur infinie,
Et laisse sur l’eau morte où la fauve agonie
Des feuilles erre au vent et creuse un froid sillon,
Se traîner le soleil jaune d’un long rayon.

  §

La mia anima sale, o placida sorella,
Al cielo errante della tua angelica pupilla
E alla tua fronte, dove, giuncato di rossore,
Sogna un autunno, come nell’antico pallore
D’un parco un getto d’acqua sospira su all’Azzurro!
– Verso il tenero Azzurro d’Ottobre mite e puro
Che guarda in grandi vasche la sua malinconia
E lascia, su acque morte, dove, fulva agonia
Le foglie errano al vento tracciando un freddo viaggio,
Il sole trascinarsi giallo col lungo raggio.

STÉPHANE MALLARMÉ